CADRE BUDGÉTAIRE DU PROGRAMME
Financer nos priorités et retrouver progressivement la maîtrise de nos comptes- Un cadre budgétaire, pas une promesse comptable
La France a enregistré en 2025 un déficit public de 152,5 milliards d'euros, soit 5,1 % du PIB.
La dette publique atteignait 3 460,5 milliards d'euros fin 2025, soit 115,7 % du PIB.
Les dépenses publiques représentaient 57,3 % du PIB.
Dans ces conditions, je ne présenterai pas un budget artificiellement équilibré en additionnant des économies hypothétiques.
Mon principe est simple :
une dépense certaine ne doit pas être financée par une économie incertaine.
Ce document constitue le cadre budgétaire du programme La Nation Debout pour 2027-2032.
Il distingue :
- les dépenses nouvelles déjà identifiées ;
- les provisions pour les réformes dont le coût définitif reste à expertiser ;
- les économies et recettes nouvelles recherchées ;
- les réallocations internes qui ne réduisent pas le déficit ;
- les effets économiques qui ne seront comptabilisés qu'une fois constatés ;
- les objectifs de redressement qui restent à documenter ;
- les mesures qui ne peuvent pas encore être chiffrées sérieusement avec les informations dont je dispose aujourd'hui.
Je ne dispose ni des moyens de Bercy, ni de l'ensemble des données administratives permettant une microsimulation complète de chaque réforme.
Je préfère écrire qu'un chiffre reste à déterminer plutôt que d'inventer une précision que je n'ai pas.
LES CHIFFRES À RETENIR :
33,5 Md€ de dépenses nouvelles actuellement provisionnées à plein régime.
35 Md€ d'économies et de recettes recherchées sur des leviers identifiés.
1,5 Md€ de première marge directe à plein régime.
Jusqu'à 20 Md€ de redressement complémentaire recherché à l'horizon 2032.
Ces 20 milliards ne sont pas considérés comme acquis et ne financent aucune dépense du programme à ce stade.
1. SANTÉ : +15 MILLIARDS, DONT 3 MILLIARDS RÉORIENTÉS
La santé constitue l'une des premières priorités du programme.
L'enveloppe cible est de +15 Md€ par an à plein régime.
Elle doit notamment financer :
- la réouverture de capacités hospitalières ;
- le recrutement et la fidélisation des soignants ;
- la revalorisation des métiers ;
- le développement de l'accès aux soins ;
- les maisons médicales ;
- la prévention ;
- la santé scolaire ;
- une meilleure organisation entre hôpital, médecine de ville et domicile.
Mais injecter de l'argent supplémentaire sans revoir certaines dépenses existantes ne serait pas suffisant. Je fixe donc un objectif de 3 Md€ de réallocation interne grâce notamment à une meilleure organisation des achats, des prescriptions, des dépenses administratives et des actes évitables.
Ces 3 milliards resteront dans la santé. Ils ne seront donc pas comptabilisés comme une économie destinée à réduire le déficit.
Besoin supplémentaire net provisionné :
12 Md€/an. Le détail définitif devra être confronté aux coûts réels des recrutements, des revalorisations salariales et des capacités hospitalières prévues.
2. SERVICE NATIONAL DE SOLIDARITÉ ET DE PROTECTION
Je propose un service obligatoire de six mois minimum avant l'entrée dans les études supérieures ou dans la vie professionnelle.
Il ne s'agira pas uniquement d'un service militaire. Chaque jeune pourra s'engager dans différents domaines d'intérêt général : protection civile, environnement, accompagnement des personnes âgées, solidarité, sécurité civile ou autres missions utiles à la collectivité.
Cette période ouvrira des droits à retraite et à un salaire minimum. Les jeunes affectés dans l'aide aux personnes âgées ne pourront pas accomplir les actes techniques qui leur sont réservés.
Un tel dispositif est coûteux. Je retiens donc, pour construire le cadre budgétaire, une Provision de 10 Md€/an à plein régime.
Cette somme ne constitue pas le coût définitif du dispositif. Des investissements initiaux seront également nécessaires pour l'hébergement, les infrastructures, les transports, l'encadrement et la formation. Ils ne sont pas encore intégralement chiffrés.
Le coût définitif devra donc faire l'objet d'une étude spécifique avant la généralisation du dispositif.
3. CONGÉ PARENTAL : UN DROIT MIEUX INDEMNISÉ
Je ne souhaite ni raccourcir le congé parental, ni imposer aux deux parents de prendre chacun une partie de ce congé.
Chaque famille doit pouvoir organiser librement la prise du congé parental, dans le respect des droits individuels et non transférables prévus par le droit européen.
La mère peut le prendre, Le père peut le prendre. Ils peuvent le partager.
L'État n'imposera pas qu'ils interrompent tous les deux leur activité professionnelle pour bénéficier du dispositif.
Une indemnisation revalorisée, Le dispositif actuel prévoit déjà une prestation forfaitaire. Ma vision ne porte pas sur sa durée mais principalement sur la revalorisation de l'indemnisation.
Le nouveau montant revalorisé restera identique quel que soit le rang de l'enfant. Les prestations destinées à compenser les charges liées au nombre d'enfants resteront distinctes.
Une participation civique compatible avec la garde de l'enfant, sea obligatoire. Elle pourra prendre la forme de prévention, activités citoyennes et associatives compatibles avec la situation familiale.
Il ne s'agit pas de transformer le congé parental en emploi déguisé. Les situations particulières devront être prises en compte.
Provision :
3 Md€/an.Ce montant reste à expertiser.
Le coût définitif dépendra notamment du niveau d'indemnisation retenu, de la durée effectivement utilisée et du nombre de bénéficiaires.
4. JUSTICE ET SÉCURITÉ
Une enveloppe supplémentaire de 3 Md€/an est provisionnée pour renforcer les capacités de la justice et de la sécurité.
Elle concernera notamment :
- les délais judiciaires ;
- les effectifs ;
- l'exécution des décisions ;
- les capacités pénitentiaires ;
- la lutte contre les violences ;
- la protection des victimes ;
- la délinquance des mineurs ;
- les équipements et moyens opérationnels.
Cette enveloppe devra être affinée lorsque les programmes immobiliers pénitentiaires et les besoins d'effectifs auront été précisément arrêtés.
5. PROTECTION DE L'ENFANCE
Je provisionne 2,5 Md€/an pour la protection de l'enfance, l'ASE, la prévention et l'accompagnement des jeunes sortant de la protection de l'enfance.
Le programme prévoit notamment davantage de continuité dans l'accompagnement, un meilleur suivi et une attention particulière à l'entrée dans la vie adulte.
Cette enveloppe devra être articulée avec les compétences et les financements des départements.
6. ÉDUCATION, HANDICAP ET PRÉVENTION
Une première enveloppe supplémentaire de 2 Md€/an est provisionnée. Elle devra notamment accompagner la prévention, certaines politiques d'inclusion, l'accompagnement du handicap et les besoins éducatifs prioritaires.
Cette enveloppe reste provisoire car toutes les réformes prévues ne disposent pas encore d'un chiffrage suffisamment détaillé.
7. LES DÉPENSES NOUVELLES ACTUELLEMENT PROVISIONNÉES
Mesure et montant annuel à plein régime :
Santé, besoin supplémentaire net : 12 Md€
Service national : 10 Md€
Congé parental / petite enfance : 3 Md€
Justice / sécurité : 3 Md€
Protection de l'enfance / ASE : 2,5 Md€
Éducation / handicap / prévention : 2 Md€
Investissements prioritaires : 1 Md€
TOTAL PROVISIONNÉ : 33,5 Md€/an
Ce total ne signifie pas que l'ensemble du programme coûte 33,5 milliards. Il signifie que 33,5 milliards sont actuellement provisionnés pour les principales dépenses nouvelles identifiées.
D'autres mesures restent à expertiser.
8. AIDES AUX ENTREPRISES : OBJECTIF 7 MILLIARDS
Les aides aux entreprises représentent une masse financière importante, mais leur périmètre varie selon les définitions retenues. Je ne propose donc pas une suppression uniforme.
Les aides seront évaluées selon leurs objectifs :
- emploi et salaires ;
- investissement ;
- innovation et recherche ;
- secteurs stratégiques ;
- transitions nécessaires.
Chaque aide devra avoir une durée, un objectif et une évaluation. Une aide supprimée constitue une économie. Une aide déplacée vers un autre dispositif constitue un redéploiement et Je ne compterai pas un redéploiement comme une économie.
Objectif d'économie nette :
7 Md€/an à terme. Le détail dispositif par dispositif devra être établi avant mise en œuvre.
9. DÉPENSES FISCALES : 5 MILLIARDS
Les niches fiscales seront évaluées selon :
leur coût ;
leur objectif ;
leurs bénéficiaires ;
leur efficacité ;
leur effet économique ou social.
Les dispositifs utiles seront conservés.
Les dispositifs devenus inefficaces ou injustifiés pourront être réduits ou supprimés.
Objectif :
5 Md€/an de recettes supplémentaires.
Cela ne signifie pas une hausse générale de TVA, de CSG ou d'impôt sur le revenu.
10. ADMINISTRATION, OPÉRATEURS, IMMOBILIER ET ACHATS : 5 MILLIARDS
L'objectif n'est pas de supprimer arbitrairement des agents publics. L'objectif est de réduire le coût de la complexité.
L'audit portera notamment sur :
- les achats et marchés publics pouvant être mutualisés ;
- l'immobilier public et l'occupation réelle des bâtiments ;
- les fonctions support ;
- les systèmes informatiques ;
- les procédures administratives ;
- les opérateurs et agences ;
- les doublons entre structures ;
- les possibilités de mutualisation.
Objectif global 5 Md€/an à terme. Je ne répartis pas artificiellement aujourd'hui ces 5 milliards entre les différentes catégories.
Cette répartition devra résulter de l'audit. Le principe restera :
- une information donnée une fois ;
- un dossier plutôt que plusieurs ;
- une mission clairement attribuée.
Les ventes ponctuelles de patrimoine ne seront pas comptabilisées comme des économies annuelles récurrentes.
11. REVUES DE DÉPENSES : 5 MILLIARDS SUPPLÉMENTAIRES
Les revues de dépenses seront généralisées. Mais elles ne serviront pas à compter une deuxième fois les économies déjà inscrites sur les aides aux entreprises, les dépenses fiscales ou l'organisation administrative.
Les 5 Md€ recherchés ici devront donc provenir d'autres politiques publiques. Une revue pourra conduire à maintenir une politique parce qu'elle fonctionne, à la réorganiser ou à la supprimer lorsqu'elle n'atteint plus son objectif.
L’ Objectif est de 5 Md€/an à terme. L'objectif n'est pas le rabot. C'est l'évaluation.
12. FRAUDE : 3 MILLIARDS SUPPLÉMENTAIRES RÉELLEMENT ENCAISSÉS
Je ne financerai pas le programme avec des dizaines de milliards théoriques de lutte contre la fraude.
Je retiens 3 Md€/an supplémentaires réellement recouvrés. Seront notamment ciblés :
- la fraude organisée ;
- le travail dissimulé ;
- la fraude à la TVA ;
- les sociétés éphémères ;
- les montages frauduleux ;
- l'amélioration du croisement des informations administratives dans le respect de la protection des données.
Seules les sommes réellement encaissées seront comptabilisées.
13. EMPLOI ET PRESTATIONS : 10 MILLIARDS À TERME
L'augmentation du nombre de personnes en emploi constitue un levier important du redressement. L'action portera notamment sur :
- l'emploi des seniors ;
- le retour vers l'emploi ;
- les métiers en tension ;
- la formation ;
- les effets de seuil ;
- l'articulation entre prestations et salaire ;
- la simplification pour les entreprises ;
- la progression des salaires lorsque les mécanismes publics peuvent être réorientés.
Les 15 à 20 heures d'activité prévues pour certains bénéficiaires du RSA existent déjà dans la législation. Elles ne seront donc pas comptabilisées comme une économie nouvelle.
Objectif budgétaire à terme 10 Md€/an. Ce montant regroupe les recettes supplémentaires et les éventuelles diminutions de prestations directement liées à l'augmentation de l'emploi.
Son rendement ne sera intégré progressivement au budget qu'à mesure des résultats effectivement constatés.
Nous ne dépenserons pas aujourd'hui l'emploi de demain.
4. PRIME D'ACTIVITÉ ET SALAIRES
La prime d'activité ne doit pas devenir durablement un moyen pour la puissance publique de compenser des rémunérations insuffisantes.
Je souhaite étudier sa transformation progressive afin qu'une partie de l'effort public puisse être réorientée vers le salaire et l'emploi.
Cette réforme doit être simulée avant d'être chiffrée. Elle ne figure donc pas comme une économie supplémentaire dans le tableau budgétaire. Son articulation avec les allègements de cotisations, les salaires, l'emploi et le revenu disponible devra être étudiée simultanément.
15. UNE CONTRIBUTION FISCALE MINIMALE DE 1 EURO
Le droit actuel prévoit que les cotisations initiales d'impôt sur le revenu inférieures à 61 euros ne sont pas mises en recouvrement.
La création de cette contribution nécessitera donc une dérogation spécifique à ce seuil de mise en recouvrement et un mode de perception simplifié, sans création d'une procédure administrative dont le coût serait disproportionné par rapport à la somme perçue.
C'est un principe . Chacun contribue selon ses moyens, même symboliquement.
16. RETRAITES : UN ÉQUILIBRE PROPRE
Les retraites représentent environ 14 % du PIB. Elles ne peuvent donc pas être absentes d'un programme budgétaire. Mais je refuse également d'utiliser les pensions comme une caisse permettant de financer les autres politiques.
La réforme prévue reposera sur une transition progressive vers un système plus contributif, avec une part collective et une constitution de droits clairement identifiables.
Les carrières longues, la pénibilité, le handicap, les droits familiaux et les situations particulières devront être pris en compte.
Le principe est les cotisations retraite financent les retraites.
Le système devra progressivement retrouver son équilibre propre. Je n'inscris aujourd'hui aucune économie retraite dans le financement général du programme.
Le coût de la transition vers le nouveau système doit encore être modélisé.
17. FISCALITÉ DES SUCCESSIONS
Je souhaite revoir une fiscalité qui peut conduire un héritier à devoir vendre rapidement un bien pour acquitter des droits alors qu'il n'a pas reçu les liquidités correspondantes.
La réforme envisagera notamment :
un abattement de 150 000 euros par héritier en ligne directe ;
son indexation ;
un report de l'imposition lorsque le patrimoine transmis n'est pas liquide ;
des possibilités d'étalement ;
une meilleure prise en compte des liquidités effectivement reçues.
La réforme concernera également les transmissions entre oncles ou tantes et neveux ou nièces.
Un abattement spécifique plus important sera étudié et leur taux d'imposition sera réexaminé.
Ce régime particulier s'arrêtera aux neveux et nièces et ne sera pas automatiquement étendu aux degrés de parenté plus éloignés.
Je ne fixe pas aujourd'hui le montant de cet abattement supplémentaire : son coût doit d'abord être chiffré.
Le relèvement à 150 000 euros de l'abattement en ligne directe aura lui-même un coût pour les finances publiques.
Les évaluations disponibles montrent que ce coût pourrait dépasser un milliard d'euros par an, mais son montant devra être actualisé selon les modalités définitives de la réforme.
Ce coût n'est donc pas encore intégré comme un montant définitivement arrêté dans le cadre budgétaire.
18. LOGEMENT ET FISCALITÉ LOCALE
Le programme prévoit une révision de la fiscalité du logement et de son articulation avec les ressources des communes. L'objectif est de mieux prendre en compte l'usage du logement, sa valeur locative et les besoins de financement locaux.
C
ette réforme devra être conçue au minimum à rendement global constant, sauf décision ultérieure explicitement financée.
Son rendement n'est pas comptabilisé dans le présent cadre budgétaire.
19. LOGEMENT : UTILISER D'ABORD CE QUI EXISTE
La politique du logement privilégiera :
- les friches ;
- les bureaux vacants ;
- les logements situés au-dessus des commerces ;
- les bâtiments publics inutilisés ;
- la réhabilitation des centres-villes et des bourgs.
Cela nécessitera des investissements mais pourra également permettre de valoriser du patrimoine existant.
Le solde budgétaire dépendra des dispositifs retenus. Il n'est donc pas encore comptabilisé.
20. EUROPE : MIEUX MOBILISER LES FINANCEMENTS DISPONIBLES
La France contribue au budget européen et bénéficie en retour de financements européens.
L'objectif sera d'améliorer l'identification, le montage et le suivi des projets pouvant bénéficier de ces financements. Mais je ne présenterai pas comme une économie une somme que nous ne sommes pas certains d'obtenir.
Les financements européens supplémentaires effectivement obtenus viendront réduire le coût national des projets concernés.
Aucune recette européenne hypothétique n'est intégrée au financement actuel du programme.
21. DÉFENSE
La défense nationale doit être financée à partir des besoins réels de la France : personnels, stocks, équipements, industrie, cyberdéfense, renseignement, dissuasion et protection du territoire.
Je ne construis pas cette politique à partir d'un pourcentage automatique de PIB.
Les besoins supplémentaires seront déterminés dans une programmation militaire et devront être financés.
À ce stade, aucune dépense supplémentaire de défense au-delà de la trajectoire budgétaire existante n'est incluse dans les 33,5 milliards.
C'est donc l'un des éléments qui restent à chiffrer.
22. LA CHARGE DE LA DETTE
La charge d'intérêts constitue l'un des principaux risques pesant sur les finances publiques.
Selon la commission des finances du Sénat, à partir du rapport sur la dette des administrations publiques annexé au projet de loi de finances pour 2026, la trajectoire prévisionnelle de la charge de la dette de l'État atteignait :
- 71,7 Md€ en 2027 ;
- 80,8 Md€ en 2028 ;
- 90,2 Md€ en 2029.
Il s'agit de prévisions, et non de dépenses certaines. Elles montrent néanmoins pourquoi le redressement du déficit ne peut pas être reporté indéfiniment. Une part croissante des ressources publiques risque d'être absorbée par le financement de la dette plutôt que par les politiques publiques.
La trajectoire devra être actualisée chaque année en fonction des taux d'intérêt, du volume de dette, de l'inflation, de la croissance et des besoins de refinancement.
23. LE FINANCEMENT ACTUELLEMENT IDENTIFIÉ
Levieret et objectif annuel à plein régime :
Réforme des aides aux entreprises 7 Md€
Réduction des dépenses fiscales inefficaces 5 Md€
Administration, opérateurs, immobilier et achats 5 Md€
Revues supplémentaires de dépenses, hors postes précédents 5 Md€
Fraude effectivement recouvrée 3 Md€
Emploi et prestations 10 Md€
TOTAL IDENTIFIÉ 35 Md€/an
Face à ces 35 milliards de leviers identifiés :
- 33,5 Md€ de dépenses nouvelles sont actuellement provisionnées.
Première marge directe :
- 35 - 33,5 = 1,5 Md€/an.
Cette marge est volontairement présentée pour ce qu'elle est : limitée. Et c'est précisément le sens de ce premier étage budgétaire : je ne creuse pas davantage le déficit pour financer mes nouvelles priorités.
Le redressement des comptes relève d'un deuxième étage, que je préfère documenter progressivement plutôt que financer sur le papier avec des économies inventées.
24. LE REDRESSEMENT COMPLÉMENTAIRE
Financer les nouvelles politiques sans augmenter leur coût net constitue une première étape. La France a besoin également de réduire progressivement son déficit. Je fixe donc un objectif de redressement complémentaire pouvant atteindre 20 Md€/an à l'horizon 2032.
Mais ces 20 milliards ne sont pas considérés comme une économie acquise.
Ils ne sont :
ni compris dans les 35 milliards de financements identifiés ;
ni utilisés pour financer les 33,5 milliards de dépenses nouvelles ;
ni présentés comme une recette certaine.
Ils constituent un objectif de redressement qui devra être documenté progressivement.
Il pourra notamment provenir :
- d'une progression mieux maîtrisée de certaines dépenses existantes ;
- d'une augmentation supplémentaire de l'emploi et de l'activité ;
- de la progression des assiettes fiscales et sociales ;
- de nouvelles économies documentées par les revues de dépenses ;
- des effets des réformes restant à expertiser.
Une règle sera absolue : un même effet économique ne pourra jamais être compté deux fois.
Si une recette supplémentaire liée à l'emploi est déjà comprise dans les 10 milliards « emploi et prestations », elle ne pourra pas être comptée une deuxième fois dans le redressement complémentaire.
L'objectif de 20 milliards indique donc l'ampleur du redressement supplémentaire recherché, et non une somme déjà trouvée.
Ce montant pourra être revu en fonction des résultats.
Je ne partirai pas du chiffre dont j'ai besoin pour inventer ensuite les économies correspondantes.
Je partirai des économies réellement démontrées pour déterminer ce que nous pouvons atteindre.
25. TRAJECTOIRE 2027-2032
2027 sera une année de transition. Le budget de l'année aura déjà été adopté avant l'élection présidentielle. Les premiers mois seront donc consacrés à l'audit des finances publiques, aux études d'impact nécessaires et, lorsque cela sera justifié, à une loi de finances rectificative. Le premier exercice budgétaire complet sera celui de 2028.
+1,5 Md€
À cette trajectoire s'ajoute l'objectif distinct de redressement complémentaire pouvant atteindre 20 milliards d'euros à l'horizon 2032.
Ces 20 milliards restent volontairement hors du tableau tant qu'ils ne sont pas suffisamment documentés.
Cette trajectoire ne constitue pas une prévision du déficit public français en 2032.
Une telle prévision dépendra également de la croissance, de l'inflation, de l'emploi, des taux d'intérêt, de la charge de la dette, des recettes fiscales et sociales et de la situation économique internationale.
26. UNE RÈGLE BUDGÉTAIRE
Toute nouvelle dépense permanente devra disposer d'un financement permanent. Une recette exceptionnelle ne financera pas une dépense permanente.
Lorsque les recettes sont meilleures que prévu :
- au moins 50 % de l'excédent sera consacré à la réduction du déficit et de la dette.
Le reste pourra financer l'investissement ou reconstituer une réserve. Lorsque les recettes sont inférieures aux prévisions, la réserve sera mobilisée en priorité et les dépenses non prioritaires pourront être différées. Des clauses exceptionnelles seront prévues en cas de récession majeure, catastrophe, crise sanitaire ou nécessité impérieuse de défense nationale.
Je souhaite être transparente sur les limites de ce cadre budgétaire. Plusieurs réformes nécessitent encore des études complémentaires avant qu'un montant sérieux puisse être publié. C'est notamment le cas :
- du coût de transition de la réforme des retraites ;
- du coût définitif du service national et de ses investissements initiaux ;
- du niveau définitif d'indemnisation du congé parental ;
- du coût définitif de la réforme des successions, y compris son extension aux neveux et nièces,
- de la réforme de la fiscalité locale et du logement ;
- de certaines mesures concernant l'école et l'université ;
- des investissements liés au logement et à la réhabilitation du bâti ;
- de la politique de défense au-delà de la programmation existante ;
- des conséquences budgétaires précises de la réforme de la prime d'activité ;
- de certaines revalorisations des métiers essentiels ;
- des effets complets de la réforme européenne proposée.
Ces éléments ne sont pas dissimulés dans une rubrique « autres économies ». Ils ne sont simplement pas comptabilisés tant qu'ils ne sont pas suffisamment documentés.
28. NOTRE ENGAGEMENT BUDGÉTAIRE
Je ne promets pas aujourd'hui que le déficit sera exactement de 2,9 %, 2,5 % ou 0 % à telle date. Ce serait prétendre connaître en 2026 la croissance, les taux d'intérêt, l'inflation et la situation internationale de 2032.
Je prends en revanche des engagements vérifiables :
- financer les nouvelles politiques avant leur généralisation ;
- ne pas compter deux fois la même économie ;
- ne pas présenter un redéploiement comme une économie ;
- ne pas financer une dépense certaine par une recette hypothétique ;
- ne comptabiliser les effets de l'emploi qu'une fois constatés ;
- réexaminer régulièrement les dépenses existantes ;
- maintenir les retraites dans un équilibre qui leur est propre ;
- consacrer une partie des recettes meilleures que prévu au désendettement ;
- publier chaque année l'écart entre les objectifs annoncés et les résultats réellement obtenus.
Le redressement des comptes ne se fera ni avec une formule magique, ni avec une économie unique de plusieurs dizaines de milliards.
Il viendra de l'addition de réformes concrètes, de l'emploi, de la simplification, de l'évaluation des dépenses et d'une règle élémentaire :
- avant de demander davantage aux Français, commençons par savoir précisément pourquoi nous dépensons leur argent et ce que cette dépense produit.
UN CADRE BUDGÉTAIRE APPELÉ À ÊTRE ACTUALISÉ
Ce document constitue le cadre budgétaire du programme La Nation Debout pour 2027-2032.Il ne prétend pas être un projet de loi de finances établi avec l'ensemble des données détenues par l'État.
Certaines mesures sont chiffrées, d'autres font l'objet de provisions et d'autres encore nécessitent des simulations complémentaires.
Ces limites sont volontairement indiquées. À partir de 2027, un audit complet permettra d'actualiser les hypothèses, de vérifier le rendement des économies proposées et de chiffrer les réformes qui ne peuvent pas encore l'être sérieusement.
Le cadre budgétaire sera alors actualisé et rendu public.
Je préfère publier ce que je peux expliquer et défendre plutôt que compléter les cases avec des milliards qui n'existent que sur le papier.